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Formation EMDR certifiée Qualiopi : les huit phases du protocole standard

il y a 2 jours
11 min de lecture
Formation EMDR certifiée Qualiopi : les huit phases du protocole standard

Sommaire



Introduction


L'EMDR n'est pas une technique que l'on applique au ressenti du moment. Derrière les mouvements oculaires que le grand public retient se trouve un protocole standardisé en huit phases, dont chacune conditionne la suivante. Un praticien qui écourte la préparation pour atteindre plus vite le retraitement expose son client à une activation qu'il ne saura pas contenir.


Cette rigueur séquentielle explique pourquoi le mode de formation compte autant que la méthode elle-même. Connaître le protocole sur le papier ne suffit pas : il faut l'avoir conduit, s'être trompé, avoir été repris par un superviseur au moment précis de l'erreur. C'est exactement ce que fait travailler notre formation praticien EMDR certifiée Qualiopi, dispensée intégralement en ligne par l'AFPRA, dirigée par Laurence Celdran.


Cet article parcourt les huit phases une à une, de l'anamnèse à la réévaluation, en précisant ce que le praticien fait à chaque étape et ce qu'il doit surveiller. Il détaille également les ajustements propres à la pratique en visioconférence, devenue la norme pour une part croissante des accompagnements.


Les stagiaires travaillent ces séquences en classes virtuelles synchrones, dans des groupes limités à huit participants au maximum. Ce plafond n'a rien de décoratif : il permet à chacun de conduire un protocole complet sous supervision plutôt que d'observer les autres le faire.


Pourquoi le protocole EMDR se déroule en huit phases


L'EMDR repose sur l'hypothèse d'un traitement adaptatif de l'information : un souvenir resté non digéré continue de produire des réponses émotionnelles et corporelles inadaptées, longtemps après l'événement. Le protocole vise à relancer ce traitement naturel plutôt qu'à effacer le souvenir. Les huit phases constituent la séquence sécurisée qui rend cette relance possible.


Chaque phase remplit une fonction précise et ne devient pertinente que si la précédente a abouti. On n'évalue pas une cible avant d'avoir construit le plan de ciblage, on ne désensibilise pas avant d'avoir installé des ressources de stabilisation mobilisables. Cette dépendance en cascade distingue un protocole clinique d'une simple succession d'exercices.


Un cadre séquentiel plutôt qu'une recette




Respecter les huit phases ne signifie pas les dérouler mécaniquement au chronomètre. Le praticien adapte le rythme, revient en arrière, réinstalle le lieu sûr quand la fenêtre de tolérance se referme. La séquence donne la direction, la clinique dicte le tempo.


Cette souplesse s'acquiert tardivement, une fois la forme canonique du protocole solidement installée. Les praticiens expérimentés modulent parce qu'ils savent exactement ce qu'ils modulent ; les débutants qui improvisent perdent le fil et, avec lui, le cadre thérapeutique qui protège le client.


Phases 1 et 2 : anamnèse, plan de ciblage et préparation


La première phase recueille l'histoire du client et construit le plan de ciblage. Le praticien identifie les souvenirs sources, les déclencheurs actuels et les situations futures redoutées, puis les ordonne selon une logique de travail. Ce travail d'anamnèse ciblée s'étend souvent sur plusieurs séances et ne se délègue pas à un questionnaire envoyé par courriel.


La deuxième phase prépare le client au retraitement proprement dit. Elle explique le fonctionnement de la méthode, teste la stimulation bilatérale alternée et installe des ressources mobilisables en cas de débordement, le lieu sûr en premier lieu. Un client qui ignore comment signaler qu'il veut interrompre n'est pas prêt à commencer.


Repérer les contre-indications avant d'engager le retraitement




Certaines situations imposent de différer : instabilité psychique aiguë, dissociation importante non stabilisée, contexte de danger actuel, absence de ressources internes suffisantes. Le praticien qui repère ces signaux ne renonce pas au travail, il prolonge la phase de stabilisation et réévalue plus tard.


Cette évaluation relève d'une compétence clinique construite en supervision, pas d'une grille à cocher. Elle suppose des repères en psychopathologie, la capacité d'orienter vers un médecin ou un psychiatre quand le tableau l'exige, et la lucidité d'assumer une limite de son propre champ d'intervention.


Phases 3 et 4 : évaluation de la cible et désensibilisation


La troisième phase installe la cible : image la plus perturbante, cognition négative associée, cognition positive souhaitée, émotions, sensations corporelles et niveau de perturbation ressenti. Cette mise en place rigoureuse détermine la qualité du retraitement qui suit. Une cible mal définie produit un travail flou, difficile à évaluer ensuite.


La quatrième phase est celle de la désensibilisation. Le praticien conduit des séries de stimulation bilatérale alternée, recueille brièvement ce qui émerge, puis relance sans interpréter ni commenter. Toute sa discipline consiste à suivre le processus du client plutôt qu'à l'orienter vers ce qu'il juge pertinent.


Le choix du souvenir cible et de la cognition négative




La cognition négative n'est pas un constat factuel mais une croyance irrationnelle sur soi, formulée au présent et à la première personne. Confondre « j'ai été agressé » et « je suis en danger » change entièrement la suite du protocole. Cette distinction fait l'objet d'un travail spécifique en formation, repris autant de fois que nécessaire.


Le choix du souvenir source obéit à la même exigence. Le client propose spontanément l'événement le plus récent, alors que le retraitement gagne souvent à commencer par le plus ancien de la chaîne associative. Ce repérage suppose une lecture clinique de l'histoire du symptôme, construite pendant l'anamnèse.


Phases 5 à 7 : installation, scanner corporel et clôture


La cinquième phase installe la cognition positive et la renforce jusqu'à ce qu'elle soit éprouvée comme vraie, et non simplement récitée. La sixième vérifie par un scanner corporel qu'aucune tension résiduelle ne subsiste. La septième clôt la séance et rend au client un état d'équilibre suffisant pour repartir.


La clôture n'est pas une formalité de politesse en fin d'heure. Elle prévoit explicitement le cas d'un retraitement incomplet, réinstalle les ressources et prépare l'inter-séance, période pendant laquelle le processus continue souvent de travailler. Un praticien qui laisse partir un client encore activé manque à son cadre.


Pourquoi le scanner corporel ne se saute jamais




Le corps garde des traces que le discours ne signale plus. Une gêne thoracique persistante après un retraitement apparemment terminé indique qu'un élément du réseau mnésique reste actif. Escamoter cette phase par manque de temps revient à clôturer sur une cible ouverte.


En visioconférence, ce repérage demande une attention accrue puisque le praticien ne voit qu'une partie du corps. Il compense par des questions explicites et par une description guidée des sensations, que le client formule lui-même au lieu de la voir devinée.


Phase 8 : la réévaluation, point de départ de la séance suivante


La huitième phase ouvre en réalité la séance suivante. Le praticien reprend le niveau de perturbation de la cible travaillée, contrôle la stabilité de la cognition positive et observe ce qui a changé dans le quotidien du client. Ce retour conditionne le choix de la cible du jour.


Elle permet aussi de corriger le plan de ciblage initial. Un souvenir jugé secondaire peut devenir central une fois le premier nœud dénoué, et l'ordre prévu se réorganise sans que cela signe une erreur de départ. Le plan de ciblage est un document vivant, révisé séance après séance.


C'est également à ce moment que se mesure la portée réelle du travail. Les changements décrits par le client dans ses relations, son sommeil ou ses conduites d'évitement valent davantage que la seule variation d'un score subjectif. La réévaluation articule ainsi mesure clinique et vécu quotidien.


Conduire les huit phases en visioconférence


Le protocole ne change pas à distance, mais sa mise en œuvre demande des ajustements concrets. La stimulation bilatérale alternée s'obtient par un repère visuel affiché à l'écran, par une alternance sonore dans un casque stéréo ou par un tapping auto-administré. Le choix se décide avec le client, pendant la phase de préparation, et se réajuste si nécessaire.


Le cadre matériel devient une variable clinique à part entière : qualité de connexion, pièce fermée, absence de tiers, casque personnel, procédure convenue en cas de coupure. Ces éléments se contractualisent au début du suivi, au même titre que les horaires et la confidentialité des échanges.


Ce que l'écran ne transmet pas, et comment le compenser




Le cadrage buste prive le praticien des appuis au sol, des mouvements de jambes et d'une partie des micro-signes corporels. Il verbalise donc davantage, demande au client de nommer ce qu'il ressent et vérifie plus souvent le niveau d'activation. Cette explicitation systématique devient une compétence à part entière.


Les approches fondées sur la voix et le rythme s'adaptent remarquablement bien à ce format. Les stagiaires de notre formation hypnose en ligne constatent qu'un casque audio crée une proximité vocale supérieure à celle d'un cabinet. Le praticien EMDR peut emprunter ces réglages de voix pour sécuriser la phase de stabilisation.


Ce que la formation EMDR certifiée Qualiopi fait travailler


La formation ne se limite pas à exposer le protocole : elle fait conduire les huit phases, plusieurs fois, avec des retours détaillés sur chaque conduite. Les stagiaires alternent modules e-learning et classes virtuelles synchrones, en groupes de huit personnes au maximum. C'est ce plafond qui rend possible la pratique supervisée de chacun.


Notre formation praticien EMDR s'adresse à des professionnels de l'accompagnement déjà engagés dans une pratique clinique ou en cours de structuration. Les prérequis figurent sur la fiche formation et font l'objet d'un entretien préalable. L'AFPRA est un organisme certifié Qualiopi, ce qui atteste la qualité de son processus de formation.


Prérequis, public et modalités de financement




Le public rassemble des praticiens installés souhaitant intégrer l'EMDR à leur pratique et des professionnels en reconversion venus du soin, du social ou des ressources humaines. Les parcours diffèrent, l'exigence clinique reste identique. Un entretien de positionnement précise l'orientation de chacun avant l'entrée en formation.


Selon le statut, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés : FIF-PL pour les professionnels libéraux, OPCO pour les salariés, France Travail pour les demandeurs d'emploi, prise en charge employeur ou fonds personnels. Chaque situation s'étudie individuellement, sans grille toute faite : devis et financement personnalisé sur demande.


Les stagiaires qui souhaitent inscrire l'EMDR dans un cursus plus large s'orientent souvent vers notre cursus psychopraticien, où le travail de la posture occupe une place centrale. D'autres complètent par notre formation praticien en thérapie brève, dont la logique orientée solution se combine bien avec le retraitement. Ces parcours se construisent au rythme de chacun, sur plusieurs sessions si besoin.


Les erreurs fréquentes dans l'application du protocole


La première erreur consiste à écourter la préparation parce que le client se dit prêt. L'envie d'avancer vite appartient parfois au praticien autant qu'au client, et elle se paie en phase quatre. Une stabilisation insuffisante transforme le retraitement en débordement.


La deuxième tient à l'intervention verbale excessive pendant la désensibilisation. Commenter, rassurer ou interpréter interrompt le processus au lieu de le soutenir, même avec les meilleures intentions. Le silence actif du praticien est une compétence contre-intuitive, particulièrement difficile à tenir à distance.


La troisième concerne l'objectif du travail, que le praticien fixe parfois à la place du client. Nous avions détaillé cette construction partagée dans notre article consacré à la formulation de l'objectif thérapeutique, et le principe vaut pleinement pour l'EMDR : une cible imposée de l'extérieur ne se retraite pas.


Ces trois écueils ont un point commun : ils se repèrent mal lorsqu'on travaille seul. C'est la raison pour laquelle la supervision n'est pas un supplément facultatif mais une composante du parcours, poursuivie bien après la fin de la formation.


Tableau récapitulatif des huit phases


Le tableau ci-dessous résume la fonction de chaque phase et le point de vigilance qui lui est associé. Il sert de repère mémoriel et ne remplace en rien la conduite supervisée du protocole.


Phase

Fonction

Action du praticien

Point de vigilance

1. Anamnèse

Construire le plan de ciblage

Recueille histoire et déclencheurs actuels

Ne pas précipiter le recueil

2. Préparation

Installer les ressources du client

Teste la stimulation et le lieu sûr

Vérifier la fenêtre de tolérance

3. Évaluation

Définir la cible précisément

Note cognitions, émotions et sensations

Cognition négative mal formulée

4. Désensibilisation

Retraiter le souvenir source

Conduit les séries, relance sans interpréter

Intervenir verbalement trop souvent

5. Installation

Renforcer la cognition positive

Associe la cible et la croyance

Valider trop vite le ressenti

6. Scanner corporel

Vérifier les tensions résiduelles

Guide un balayage corporel complet

Sauter l'étape par manque de temps

7. Clôture

Ramener le client à l'équilibre

Réinstalle les ressources, prépare l'inter-séance

Laisser partir un client activé

8. Réévaluation

Mesurer les effets obtenus

Reprend la cible, ajuste le plan

Négliger les changements du quotidien


Témoignage : une praticienne formée à distance


Sophie, quarante-deux ans, ancienne responsable des ressources humaines, accompagne aujourd'hui des personnes en souffrance au travail. Son témoignage, anonymisé avec son accord, porte sur la manière dont sa conduite du protocole s'est transformée au fil de la formation.


« Je connaissais les huit phases par cœur avant même de commencer. Ma première conduite complète en classe virtuelle a été un choc : j'ai enchaîné les séries sans voir que ma partenaire d'exercice était sortie de sa fenêtre de tolérance. La formatrice a arrêté l'exercice et m'a fait reprendre la phase deux, calmement. »


« Ce qui m'a fait progresser, c'est la taille du groupe. À huit, tout le monde passe et tout le monde est repris individuellement, on ne peut pas se cacher derrière les autres. Aujourd'hui je consacre trois séances à la préparation quand la situation le demande, sans avoir l'impression de perdre du temps : je sais que c'est là que se joue la suite. »


Questions fréquentes sur la formation EMDR en ligne


Faut-il être psychologue pour se former à l'EMDR ?


Les prérequis dépendent du cursus et sont précisés sur chaque fiche formation. L'AFPRA accueille des professionnels de l'accompagnement issus de parcours variés, dès lors qu'ils disposent d'une base clinique suffisante et d'un cadre d'exercice identifié. Un entretien préalable permet de vérifier l'adéquation du projet avec le contenu du programme.


Peut-on réellement apprendre les huit phases à distance ?


Oui, à condition que la formation repose sur des classes virtuelles synchrones et non sur des vidéos préenregistrées. Les phases se travaillent en conduite réelle, en binôme ou en trinôme, sous l'observation d'un formateur qui interrompt et fait reprendre au moment utile.


La stimulation bilatérale fonctionne-t-elle par écran interposé ?


Les praticiens utilisent un repère visuel affiché à l'écran, une alternance sonore dans un casque stéréo ou un tapping auto-administré par le client. Le mode retenu se teste pendant la phase de préparation et se réajuste si l'attention décroche en cours de séance.


Que certifie exactement le label Qualiopi ?


Qualiopi atteste la qualité du processus mis en œuvre par l'organisme de formation : conception des programmes, information du public, accompagnement des stagiaires, évaluation des acquis. Il ne certifie pas la pratique individuelle du praticien formé, qui relève de sa propre déontologie et de sa supervision.


Combien de stagiaires par session de formation ?


Les sessions AFPRA sont limitées à huit stagiaires. Ce plafond conditionne la possibilité, pour chacun, de conduire un protocole complet et d'être repris individuellement par le formateur, ce qu'un grand groupe ne permet pas.


Comment financer une formation EMDR ?


Plusieurs dispositifs sont mobilisables selon votre statut : FIF-PL pour les professionnels libéraux, OPCO pour les salariés, France Travail pour les demandeurs d'emploi, prise en charge par l'employeur ou fonds personnels. Devis et financement personnalisé sur demande.


Conclusion


Les huit phases du protocole EMDR ne forment pas une checklist administrative mais une architecture clinique, où chaque étape protège la suivante. Le praticien qui les maîtrise peut ensuite moduler, ralentir, revenir en arrière sans jamais perdre le fil du travail. Celui qui les contourne expose son client et fragilise son propre cadre.


Cette maîtrise s'acquiert par la conduite répétée sous supervision, pas par la lecture du protocole. À distance, elle exige en plus une explicitation permanente de ce que l'écran ne montre pas, compétence qui se construit entretien après entretien.


Si vous souhaitez intégrer l'EMDR à votre pratique ou consolider un parcours déjà engagé, la prochaine étape consiste à comparer les cursus et leurs prérequis. Vous pouvez découvrir toutes les formations Qualiopi de l'AFPRA et échanger avec l'équipe pédagogique sur votre projet, votre calendrier et vos modalités de financement, sans engagement.


Formez-vous à l'EMDR en ligne avec l'AFPRA. Consultez le catalogue et demandez un devis personnalisé.

 
 
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